Je faisais le même rêve depuis plusieurs nuits déjà, je ne comptais plus depuis un certain moment, en fait ces cauchemars avaient commencés après la disparition de ma mère. Mon père s'était mis dans la tête qu'elle nous avait quitté et avait fait sa vie ailleurs, qu'elle vivait quelque part en Californie, qu'elle s'était remariée et qu'elle avait trois beaux enfants ; moi je ne pouvais pas croire qu'elle nous avait quitté de la sorte, sans la moindre explication et sans même avoir laissé un mot pour s'excuser et dire au revoir, ça paraissait peut être idiot mais je pensais plutôt, j'étais même certaine qu'il lui était arrivé quelque chose, on ne disparait pas dans la nature comme ça sans que personne ne vous ai aperçu, c'était dément. Elle était forcement quelque part, quelqu'un l'avait forcement vu à un moment où à un autre.
Ca allait faire trois ans qu'elle avait disparut, trois ans que je la croyais morte si bien que j'avais fini par l'enterrer, que j'avais fini par accepter qu'elle nous ai laissé seuls mon père et moi. Mais ça faisait aussi trois ans que je faisais ce même rêve, toujours le même. Je peux passer plusieurs nuits tranquilles sans rêver et puis il ressurgit comme un vieux souvenir, comme si il ne voulait pas que je l'oublie, comme si il voulait que je comprenne quelque chose, comme si il voulait me dire quelque chose. C'est dément, oui je sais, mais ça me rassure. Rêver sans cesse de meurtres, de sang et de douleur à le don de mettre mes nerfs à vif, je suis incapable de refermer l'½il pendant plusieurs heures parce que j'ai peur de ce que je vais voir. Tout semble tellement réel, c'est comme si j'étais censée comprendre, censée connaître, mais moi tout ce que je voulais c'était me réveiller, chose bien évidement impossible, j'avais la désagréable impression que le rêve était vivant, qu'il me retenait dans son délire mortel.
Ce qui fait que ce matin là je me levais avec la tête d'un macchabé qu'on vient de déterrer après dix ans sous terre, vous imaginez un peu ma tête. Je suis d'une pâleur de craie et j'ai des cernes énormes sous les yeux, génial quand c'est le jour de votre rentrée en deuxième année à l'université. Moi j'avais qu'une envie s'étais de dormir, mais je savais que si je fermais les yeux ne serait-ce qu'une seule seconde je risquais de replonger dans cet univers apocalyptique, j'en frissonais à la simple idée. Allez à l'université était certainement la meilleure solution qui s'offrait à moi, j'avais une tête de folle dégénérée qui vient de s'échapper de son asile mais j'assumais complétement.
Et en plus il pleut des cordes génial, j'ai les cheveux qui frisent en plus de ma tronche de zombie, vous imaginez le tableau. Je me met presque à courir pour empêcher un carnage regrettable, heureusement que je ne m'étais pas lissé les cheveux ce matin, j'arrive à pein à hauteur de Maud et Lucas, mes deux meilleurs amis, que Lucas éclate de rire en me voyant.
_ T'as recontré Freddy Kruger cette nuit ou quoi?
_ J'ai passé un bon week end et toi?
Pour toute réponse il éclata de nouveau de rire. Au fait c'est qui Freddy truc? Venant de la part de Lucas je m'attends au pire.
_ Bon on ferait mieux de rentrer, suggéra Maud.
La voix de la sagesse à parler.
_C'est la meilleure idée que tu as depuis qu'on se connait. J'ai passé une heure à me coiffer ce matin, je tiens à mon brushing, manquerais plus que je finisse comme toi, on a assez d'une attardée, me dit ce débile qui me sert d'ami avec un immense sourire.
Je le pousse en avant et lui il rigole toujours comme un gamin. On fait une entrée théatrale dans l'établissement, mais Maud toussote, on relève tout les deux la tête et on rencontre la figure boursoufflée et violette de Madame Dolan, la directrice du département de Lettres, si Maud arrive à garder son sérieux, c'est plus difficile pour Lucas et moi. On la regarde difficilement, il faut dire qu'elle ressemble plus à un crapaud qu'à un être humain, c'est très comique pour nous mais ça doit être difficile de se regarder tous les matins dans uns glasse. Elle nous scrute de ses yeux noirs.
_ Vous commencez bien l'année vous trois, ou est-ce parce que vous être tellement enchantés de rentrer en deuxième année.
_ C'est simplement parce que vous nous avez manqué madame. On est tellement content de vous voir, dit Lucas avec un grand sourire.
Notre chère directrice fronce les sourciles, ses yeux ressemblent à deux accents sirconflexes.
_ Hum, cette année ne sera pas celle de la rigolade vous pouvez en être sûrs, je vous ai à l'oeil et croyez moi je ne vais pas vous quitter d'une semelle.
_ Tout le plaisir est pour nous madame.
Lucas la ferme, tu t'enfonces là.
Elle renifla bruyament puis tourna les talons, il suffit que je regarde Lucas pour éclater de rire. Je me demande comment l'univers à pu permettre qu'un tel débile naisse, mais c'est plus fort que moi je l'adore.
Je passe mes bras autour de ceux de Lucas et Maud et nous entraîne tout les trois vers l'amphithéatre, je sens que cette année sera une année particulière.